Je me souviens de ma première sortie à la barre d'un huit de pointe. C'était un huit cadet, Caron, j'étais en benjamin 1. Ce ne fut pas une partie de plaisir. Heureusement pour moi, l'équipage fut indulgent,et ce malgré l'énervement de l'entraineur qui ne faisait pas dans la dentelle. Je me souviens du temps, des nuages, de la pluie, du vent. Et quand on est à la barre, c'est dur. Je me souviens aussi que j'ai coupé pas moins de 5 fois la ligne d'eau en 1500. Or la barre a une grande importance dans l'équilibre du bateau.
en effet, la barre est est constituée de plusieur pièces :
Les tires veilles (les câbles)
Le timont
Le Safran
Intéressons nous au Safran : il s'agit de la partie immergée de la barre. Nous pouvons remarquer que celle-ci infiniement petite sur les huit taillés pour la compétition. Et cette petite taille est bien suffisante pour un barreur. Car elle joue sur la vitesse du bateau, et donc, par le théorème de Bernoulli, une différence de pression entre les deux faces du safran.
Rappel : théorème de Bernoulli : P(M)+ro.V(M)²/2+ro.g.z(M)=constante
avec : P(M)la pression la pression au point M,
V(M) la vitesse du fluide au point M,
z la hauteur du point M
g accélération de la pesanteur (=9,81 m/s²)
ro la masse volumique du fluide.
On sait de plus que les forces de pressions sont définies comme ceci : F=intégrale sur la surface (-P(M).dS), où dS est l'élément de surface infinitésimal centré au point M
Alors, plus la vitesse est grande, plus la pression est grande, plus la force est grande, et plus le couple induit est important.
C'est pourquoi il devient plus difficile de barrer quand un bateau va vite. De plus, il convient d'apercevoir que le système de tire-veille, timon forme un bras de levier. De petits mouvements sur les tires veilles font tourner le safran d'une grande amplitude.
La technique de la barre se présente alors simplement comme des "petits coups de barre".
Certains disent qu'il faut les donner sur le retour des rameurs, d'autres dans la passée dans l'eau.
En ce qui me concerne, il faut faire les deux pour deux raisons :
La première est que lors d'un coup de barre, un déséquilibre se produit. Le rameur ne peut s'adapter instantanément. donner un léger coup de barre se ressentira faiblement dans l'eau, et sur le retour, les rameurs corrigerons les hauteurs progressivement.
La deuxième vient de l'usure mécanique, il est plus facile pour la mécanique de supporter un effort continu, que des accoups violents. De plus, les coups de barres ne seront pas réguliers.
De toute manière, c'est en barrant que l'on devient barreur.